DNA - Syndicats Luc Bérille, secrétaire général de l'UNSA en visite à Mittelwihr

RSA : « On a oublié qu’il n’y a pas de travail »

Luc_BERILLE.JPGLuc Bérille, 53 ans, professeur des écoles, a succédé à Alain Olive à la tête de l’UNSA mi-mars.

La représentativité en ligne de mire, Luc Bérille, nouveau secrétaire général de l’UNSA (Union nationale des syndicats autonomes), a rendu visite aux militants alsaciens réunis hier à Mittelwihr.

Il a notamment critiqué la proposition de l’UMP d’imposer des heures de travail d’intérêt général en contrepartie du RSA. « L’UNSA avait déjà manifesté sa colère contre l’expression « cancer de l’assistanat » de Laurent Wauquiez. Le RSA est une tentative de traiter la situation de personnes en chômage de longue durée en leur allouant un revenu minimum. Et c’est une impulsion donnée à l’insertion. Quand il y a plus de 4 millions de chômeurs, ce ne sont pas 4 millions d’assistés et de fainéants, c’est qu’il n’y a plus de travail en France. Cela, on l’a oublié ».

Ancien secrétaire général du syndicat des enseignants de l’UNSA, le successeur d’Alain Olive est du genre énergique. Et son énergie est tendue vers le combat pour la représentativité nationale qui fera de son organisation un partenaire social à part entière.

« La loi de 2008 a rebattu les cartes sur l’échiquier syndical ». Luc Bérille vise une reconnaissance dans les transports et la bancassurances, des secteurs où le syndicat réformiste est bien implanté.

Aujourd’hui, l’UNSA revendique 200 000 adhérents, 10 000 en Alsace, qui se répartissent pour deux tiers dans le public (fonctionnaires, santé) et un tiers dans le privé. « Depuis trois ans, le syndicat a créé 1 500 sections dans les entreprises ».

Adepte d’un syndicalisme rassembleur, le leader des Autonomes regrette l’échec de la tentative de rapprochement avec la CFE-CGC amorcée fin 2008.

Il pointe un syndicalisme français « exagérément divisé ». « Au niveau européen, cela donne quelque chose d’assez illisible ».

L’UNSA est membre de la Confédération européenne des syndicats et défend les valeurs d’une Europe sociale. Elle est sur tous les fronts : la mondialisation, les conditions de travail, la lutte contre la précarité, la protection sociale, la définition de la place de l’État et des fonctionnaires. « Des défis importants qui vont au-delà de la feuille de paie et justifient qu’on dépasse les clivages historiques pour porter des projets communs ».

Si la lutte contre les discriminations est un de ses « marqueurs », la priorité n° 1 reste l’emploi. « Malgré une très légère amélioration, on reste avec un chômage de masse, et un marché du travail très déséquilibré où il est à la fois difficile de rentrer pour les jeunes et difficile de rester pour les seniors », analyse Luc Bérille.

I. N.