France Info. - Surpopulation carcérale : "Cela devient explosif !" (Syndicat UFAP-UNSA)

logo_UFAP.JPGAlors que les syndicats pénitentiaires sont reçus ce mardi à l'Elysée par François Hollande et Jean-Jacques Urvoas, Jean-François Forget, secrétaire général de l'organisation syndicale pénitentiaire UFAP-UNSA a dénoncé mardi sur France Info la "surpopulation carcérale" dans les prisons. "Cela devient explosif !", a-t-il lancé.

"Depuis pas mal de temps, on est en situation de surpopulation carcérale, de surchauffe depuis des années. Là, on atteint un seuil encore plus critique: 69.500 détenus pour 58.300 places. Cela correspond à plus de 2.000 matelas par terre donc une surpopulation pénale, avec la chaleur, le contexte, la tension. Oui cela devient explosif", a-t-il expliqué.

"Cela se concrétise comment ? Avec plus de 4.500 agressions sur le personnel, 18 prises d'otage l'année dernière, des suicides d'agents en cascade. On a un peu le moral dans les chaussettes", a-t-il ajouté.

La solution passe par le recrutement mais aujourd'hui l'administration pénitentiaire peine à recruter du personnel : "Il nous manquait début 2016 près de 1.500 agents pour contenir le besoins des établissements existants. Ce qui veut dire qu'il en faudrait bien plus avec des créations à venir.

Il y a 2.500 recrutements qui sont lancés sur l'année en cours et on n'arrivera pas à combler cette demande de recrutement. On a un problème d'image et un problème de statut. Pour gagner 1.500 euros par mois dans les conditions et la dangerosité dans lesquelles on travaille, cela n'attire pas grand monde", a regretté Jean-François Forget.

Dans le contexte sécuritaire du moment et dans le cadre de la lutte anti-terroriste, le syndicaliste réclame aussi la construction d'établissements spécialisés : "Il nous faut un plan de construction d'établissements pénitentiaires mais il ne faut pas des places de prison pour des places de prison. Il faut qu'on construise des places de prisons adaptées".

Il a pointé le dispositif mis en place pour la surveillance de Salah Abdeslam, le seul terroriste vivant des attentats du 13 novembre à Paris : "Aujourd'hui, mettre 30 surveillants quotidiennement à surveiller Salah Abdeslam, d'avoir vidé des cellules autour alors qu'on est en surpopulation pour adapter une structure à la surveillance de ce type de détenu, ce n'est pas normal", a-t-il dénoncé.